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Entretien : « Reprendre l’entreprise, je n’y pensais pas… »

Au milieu des pianos, Vincent Morin-Desevedavy parle comme quelqu’un qui serait revenu dans une maison qu’il n’avait pas prévu d’habiter à nouveau. Le lieu est vaste et lumineux. En bas, les instruments numériques ; à l’étage, les pianos droits et les pianos à queue. Aux murs, quelques repères racontent l’histoire de la maison. Beaucoup, ici, semble parler de continuité. Pourtant, chez Vincent, rien n’a relevé de l’évidence. 

Petit-fils du fondateur de Desevedavy Pianos, Vincent, 57 ans, dirige l’entreprise familiale depuis 2009, année où il l’a reprise. Mais il a longtemps vécu et travaillé ailleurs, au sein de grands groupes de l’agroalimentaire. Pendant des années, cette entreprise n’était pas son sujet. Il aura fallu le décès de son grand-père, une phrase lancée par les salariés au sortir des obsèques, et ce qu’il appelle simplement « un recommencement », pour qu’il accepte d’y revenir. 

Son parcours raconte finalement quelque chose d’assez rare dans les entreprises familiales : que celui qui s’en est le plus éloigné soit finalement celui qui reprenne. Chez Vincent Morin-Desevedavy, cette reprise a été un croisement inattendu entre le roman familial, la fragilité d’une maison ancienne et sa bascule personnelle. 

Propos recueillis par Jaafar STEIBLEN-RAJI

Quand on vous écoute aujourd’hui, on pourrait croire que tout cela était écrit d’avance.

Pas du tout. Bien sûr, j’ai grandi avec cette maison. J’ai appris à marcher au milieu des pianos. Dans la famille, le piano, c’était une culture. À six ans, on entrait au conservatoire, on apprenait le solfège, on faisait du piano, c’était un passage obligé. Il y avait beaucoup de fierté autour de l’entreprise, parce qu’elle rayonnait déjà. Mais mes parents, eux, ne travaillaient pas dans le magasin. Donc il y avait une présence forte par l’aura, par le récit, mais pas dans mon quotidien. Et surtout, je me suis complètement désintéressé de cette entreprise pendant très longtemps. Je ne vais commencer à m’y intéresser qu’à 40 ans. Avant ça, très franchement, je ne voyais même pas cette boîte.

Vous en gardez quel souvenir, enfant ?

Quand on était enfants, avec mes cousins, mes frères et sœurs, c’était un terrain de jeu. On jouait du piano, on jouait à cache-cache dans le magasin. On sentait bien qu’il y avait là quelque chose de plus grand que nous, mais sans se dire que ça nous attendait. 

Vous préférez écouter ?

Nous avons capturé les mots de Vincent. Mettez vos écouteurs et retrouvez l’interview.

Le fondateur, votre grand-père, Jules, on sent qu’il est encore très présent. Qui était-il ?

Une figure énorme. Et je crois qu’on ne comprend rien à cette entreprise si on ne s’intéresse pas à son histoire. Parce que cette maison naît d’abord d’un drame. Mon grand-père est un petit garçon issu d’une famille très modeste, près de Rennes. À huit ans, en allant chercher du bois, il se crève un œil. L’autre s’infecte. En deux ans, il perd complètement la vue. Pour un enfant de cette époque, dans un milieu paysan, c’est un bouleversement absolu. Il racontait lui-même avoir traversé des heures très sombres. Puis, il est placé à Nantes dans une école spécialisée pour enfants aveugles et malvoyants. On leur proposait plusieurs voies pour apprendre un métier. Lui choisit la musique. Il devient organiste, puis se passionne pour l’instrument lui-même et veut devenir accordeur. Il fait son apprentissage chez un petit marchand de pianos, lui-même aveugle, rue du Maréchal-Joffre. Et en 1942, en pleine guerre, il rachète cette boutique. C’est le début de la maison Desevedavy.

Cette histoire, on vous l’a transmise tôt ?

Très tôt. Ma grand-mère enregistrait tout sur cassette. J’ai encore des enregistrements de sa voix à lui, quand il racontait sa vie. Je me souviens surtout d’un Noël où il avait réuni tous ses petits-enfants pour nous raconter son histoire. On l’écoutait religieusement. Quand vous avez cinq, six, sept ans, que vous êtes assis en tailleur et que votre grand-père vous raconte comment il a traversé un drame pour construire sa vie, ça laisse des traces. Même si vous partez ailleurs après.

Vous l’admirez sans donner le sentiment de l’idéaliser pour autant. Pourquoi ?

Son grand défaut a été son incapacité à partager son entreprise. Il ne s’est jamais vraiment arrêté. Il est décédé en 2009, dans sa 91ème année, mais il habitait encore au-dessus du magasin et il en ouvrait les portes le matin, les refermait le soir. Son entreprise, c’était sa vie, une sorte de revanche sur le destin. Donc, à sa décharge, c’était extrêmement difficile pour lui d’envisager de passer la main. Mais dans les faits, il n’y a jamais eu de vrai plan de succession. Et c’est ce qui a rendu l’entreprise très fragile.  

Votre première partie de carrière s’écrit à Paris, puis dans des fonctions de terrain et de négociation au sein des grands groupes internationaux. Vous étiez alors loin du récit familial ?

Je tenais à me construire moi-même. Beaucoup de gens autour de moi visaient les sièges, les fonctions centrales. Je cherchais le terrain, la négociation, la vraie vie commerciale. On m’avait dit : si tu veux apprendre, va chez un leader, dans un environnement difficile. C’est ce que j’ai fait chez Schweppes. J’ai commencé en 1992, j’avais 23 ans, j’étais plein d’ambition et j’ai adoré ça. J’y suis resté presque quinze ans. Ensuite, j’ai rejoint Kraft Foods où j’ai continué à évoluer. Tout ça m’a énormément structuré. J’y ai appris le marketing, la gestion, le management, la conduite du changement, l’intégration d’équipes et de marques. Avec le recul, toute cette première vie m’a équipé pour la suite. 

« A 91 ans, mon grand-père ouvrait encore les portes chaque matin »

Nantes – Rue Joffre au numéro 57, la devanture du magasin en 1945 @Photo archives famille DESEVEDAVY

Déjà, vous aimiez faire bouger les choses ?

Le statu quo m’ennuie. J’ai toujours eu besoin d’apporter quelque chose en plus, de sortir un peu du cadre. J’en ai un souvenir très concret chez Schweppes : j’étais tout jeune chef de secteur, donc pas du tout au marketing, et j’ai écrit à la direction générale pour recommander de faire évoluer le Schweppes Indian Tonic, que je trouvais très bon mais trop amer pour certains consommateurs. J’avais monté un dossier, fait une petite étude, interrogé des clients. Quelques années plus tard, le Schweppes Agrumes a vu le jour. Je ne dis pas que j’ai tout inventé, évidemment, mais ce goût-là pour l’innovation, je l’avais déjà.

Et l’entreprise familiale, pendant ce temps ?

Je n’y pensais pas. Ou très peu. C’est ça qui est étrange, d’ailleurs. En 1992, pour les 50 ans de l’entreprise, mes grands-parents organisent un jubilé. Toute la famille est là. Toute, sauf moi. Il existe une photo de ce jour-là et je suis le seul absent. Je ne sais même plus pourquoi. Des années plus tard, c’est pourtant moi qui reprends seul l’affaire.  

Quand situez-vous le déclic de votre côté ?

C’est vraiment en 2009, le jour des obsèques de mon grand-père. Plusieurs salariés viennent me taper sur l’épaule. Certains avaient quarante ans d’ancienneté dans la maison. Ils m’avaient vu grandir. Ils m’avaient vu apprendre à marcher au milieu des pianos. Et ils me disent, en substance : Vincent, on aimerait que tu nous sortes de là. Cette phrase, je ne l’ai jamais oubliée. L’entreprise était en grande difficulté. Mon grand-père n’était plus réellement actif depuis un moment, mais il restait la figure qui tenait encore l’ensemble. Tant qu’il était vivant, les fournisseurs, les banquiers, tout le monde tenait encore. À sa mort, la panique a pris le dessus. Les salariés avaient peur, les fournisseurs et les banquiers aussi. C’était une sorte d’appel au secours.

« ‘Vincent on aimerait que tu nous sortes de là’ : cette phrase je ne l’ai jamais oubliée. »

Sur le moment, que ressentez-vous ?

Je suis surtout saisi. Parce qu’à partir de cet instant, tout devient concret. Jusque-là, je savais que ce n’était pas brillant. Ma mère était associée, donc je savais que la situation n’était pas bonne. Mais je m’en étais désintéressé. Pour moi, c’était une petite entreprise artisanale, lointaine, qui n’avait rien à voir avec la vie que je menais alors à Paris. Mais là, d’un coup, ce n’est plus abstrait.

Et vous, à ce moment-là, vous en êtes où ?

Je venais de fêter mes 40 ans. Je commençais à être en désaccord avec ma hiérarchie, qui voulait me confier un poste européen à Zurich. Ça ne me faisait pas rêver. J’avais envie d’international, mais autrement. Je commençais aussi à avoir fait le tour de mon job. Et en parallèle, ma vie personnelle bascule : ma femme de l’époque rencontre l’homme de sa vie. Donc tout arrive au même moment. Cet appel des salariés vient exactement quand, moi aussi, je suis prêt, d’une certaine manière, à repartir à zéro. Alors je reviens à Nantes, je divorce, mes enfants restent à Paris avec leur mère et j’accepte de reprendre l’entreprise. Et professionnellement, je passe de grands groupes internationaux avec des équipes de 100 à 150 personnes à une petite entreprise artisanale qui perd de l’argent structurellement. C’est vertigineux. Mais en même temps, moi qui suis un homme de challenge, ça a été une expérience incroyable.

« Passer d’un grand groupe à une petite entreprise artisanale qui perd de l’argent, c’est vertigineux. »

Qu’est-ce que vous apportez, en arrivant ?

D’abord de la méthode. Je n’ai rien inventé, mais j’ai adapté à une entreprise en grande difficulté des outils et réflexes acquis pendant vingt ans dans des groupes très structurés. Je suis arrivé avec des compétences de marketing, de gestion, de management, de pilotage. Dans le monde du piano, à l’époque, c’était presque exotique. Beaucoup d’acteurs venaient de la technique ou de la musique. Très peu venaient du monde de l’entreprise, de la stratégie et des tableaux de bord. J’ai apporté ça. Mais j’ai aussi compris très vite que je ne pouvais pas appliquer les choses brutalement. Je parle toujours d’évolution, jamais de révolution. Il faut un ancrage. 

Comment vivez-vous alors le fait d’exercer un métier sur un marché que vous découvrez ?

Je joue du piano depuis toujours, mais je ne connaissais pas le marché, les fournisseurs, les pratiques commerciales du secteur. L’entreprise vendait encore d’autres instruments que je connaissais encore moins. Donc il a fallu apprendre, beaucoup écouter, et surtout respecter les expertises en place. Je ne suis pas technicien accordeur, je ne sais pas accorder un piano. Je sais quand il sonne juste, mais ça ne fait pas de moi un artisan. Mon rôle n’était pas de singer les savoir-faire des autres. Mon rôle, c’était d’apporter mes propres compétences en respectant les leurs. 

« Mon rôle, c’était d’apporter mes propres compétences en respectant les leurs. »

A quel moment avez-vous le sentiment de vraiment prendre le lead ?

Il y a un moment très précis. J’assiste à un rendez-vous avec un liquidateur judiciaire. Il suffisait de signer en bas à droite et l’histoire s’arrêtait là. L’entreprise devait de l’argent, y compris à la famille, la situation était extrêmement dégradée et tout le monde pouvait se dire qu’il valait mieux tourner la page. Ce jour-là, j’ai dit non. C’est là, au fond, que j’ai vraiment pris la main.  

Et une fois cette décision prise, vous commencez par quoi ?

Par ce que je sais faire. Je suis un méthodique mais je connais aussi mes failles. Je suis quelqu’un de très émotif, donc j’ai besoin de process, de méthodes. Quand j’arrive, je commence par dresser un diagnostic : interne et externe. Je regarde l’état de l’entreprise, j’essaie de comprendre le marché, les forces, les faiblesses, ce qui peut encore tenir. Je ne fais pas ça seul, bien sûr. Au début, j’ai cru que je pourrais sauver l’existant en rendant simplement les choses plus cohérentes, plus rigoureuses, un peu plus modernes. Avec le recul, j’ai vu que ça ne suffisait pas. Mais il fallait sans doute que je passe par là.

L’entreprise vous appartient, mais d’une certaine manière, elle est restée très attachée à la famille.

Oui. Et ça, je ne l’avais peut-être pas mesuré au début dans toute sa profondeur. Parce qu’il y a la dimension économique, qu’on peut objectiver : les dettes, les parts à racheter, les choix de gestion. Et puis il y a tout le reste. Les tentatives passées, les rancœurs, les échecs des uns, les projections des autres. J’ai voulu faire les choses proprement. J’ai tenu à racheter les parts au prix fort, à ce que personne dans la famille n’ait le sentiment que je profitais de la situation. Mais ça ne suffit pas toujours. Dans les reprises familiales, il existe une dimension émotionnelle qui est immense, et qui, elle, ne se règle jamais complètement sur un papier.

Écoutez Vincent !

Nous avons capturé les mots de Vincent, pour une expérience plus immersive.

Quand avez-vous ressenti cette dimension émotionnelle ?

Tout de suite. Parce que j’étais le seul repreneur, mais pas le seul héritier de l’histoire. Et donc forcément, vous êtes observé, commenté, parfois attendu au tournant. Il y a même des moments où j’ai eu le sentiment que certains auraient presque préféré que j’échoue, simplement pour que je ne réussisse pas là où d’autres avaient tenté avant moi. C’était parfois dur à vivre, mais c’est aussi très classique dans les histoires de famille. Pour moi, ça a aussi servi de moteur. Par orgueil, sans doute. Par refus de l’échec aussi. Mais ça oblige à une forme d’exemplarité permanente. On sait qu’on n’a pas droit à l’approximation.

Dans cette équation familiale, quel rôle ont joué vos propres enfants ?

Ils ont été un moteur. Il était hors de question pour moi qu’ils aient le sentiment que j’avais fait un choix irresponsable ou que j’avais sacrifié leur sécurité à une nostalgie familiale ou à un caprice. Réussir c’était leur montrer qu’il était possible de prendre un risque, de sauver une histoire et d’en tirer un vrai enthousiasme. Je voulais qu’à leurs yeux ce soit beau, et même noble, de sauver l’entreprise fondée par leur arrière-grand-père. Aujourd’hui, ils sont grands. Ils comprennent. Et je crois que c’est ce qui nourrit une part importante de ma fierté. Parce qu’au fond, la transmission, ce n’est pas seulement une affaire de capital ou d’organisation. C’est aussi l’exemple que vous donnez sur votre manière d’agir. 

« Les enfants ont été un moteur »

Vous avez opéré un redressement qui n’a rien eu de linéaire.

J’ai voulu améliorer l’existant. Rendre les choses plus cohérentes, plus performantes, sans tout casser. Ça m’a permis de découvrir le marché de l’intérieur, de reconstituer un réseau, de prendre le temps d’écouter. Donc ce n’était pas du temps perdu. Mais à un moment, ça n’a plus suffi. En 2013-2014, il a fallu prendre des décisions beaucoup plus fortes : fermer, recentrer, faire évoluer le modèle. On ferme d’abord un magasin, puis un autre, puis le magasin historique pour en rouvrir un nouveau. On abandonne le positionnement généraliste pour se recentrer sur le piano. On se digitalise. Sur le papier, tout cela semblait cohérent. Dans les faits, j’ai dû revoir certaines décisions, notamment sur le commerce en ligne. Mais c’est aussi ça, entreprendre : savoir se remettre en question, et s’adapter collectivement Ce qui est d’autant plus agréable quand vous avez la chance, comme moi, de compter sur une équipe engagée et attachée à l’histoire que l’on écrit ensemble. Ce supplément d’âme nous vaut d’être aujourd’hui une enseigne reconnue pour sa trajectoire passée et sa capacité à vivre pleinement dans notre époque !

Épique : le magazine par et pour les TPE-PME

Ce trimestriel plonge dans le quotidien des petites boîtes à travers les expériences vécues par celles et ceux qui les dirigent. 

A propos de Desevedavy Pianos

Située à Orvault, près de Nantes, l’enseigne fournit les meilleures écoles de musique et les plus grands conservatoires de la région Ouest. La maison entretient des relations étroites avec les professeurs, tisse des partenariats avec les artistes internationaux, et est le fournisseur privilégié des plus grands festivals de musique (La Folle Journée, Les Rendez-vous de l’Erdre, Variations…). Elu « Meilleur magasin de pianos d’Europe » lors du Salon International de la Musique de Francfort en avril 2017, Desevedavy Pianos compte une quinzaine de collaborateurs. 

Plus d’infos : desevedavy.fr

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Entretien : « Reprendre l’entreprise, je n’y pensais pas… »

Au milieu des pianos, Vincent Morin-Desevedavy parle comme quelqu’un qui serait revenu dans une maison qu’il n’avait pas prévu d’habiter à nouveau. Le lieu est vaste et lumineux. En bas, les instruments numériques ; à l’étage, les pianos droits et les pianos à queue. Aux murs, quelques repères racontent l’histoire de la maison. Beaucoup, ici, semble parler de continuité. Pourtant, chez Vincent, rien n’a relevé de l’évidence.  Petit-fils du fondateur de Desevedavy Pianos, Vincent, 57 ans, dirige l’entreprise familiale depuis 2009, année où il l’a reprise. Mais il a longtemps vécu et travaillé ailleurs, au sein de grands groupes de l’agroalimentaire. Pendant des années, cette entreprise n’était pas son sujet. Il aura fallu le décès de son grand-père, une phrase lancée par les salariés au sortir des obsèques, et ce qu’il appelle simplement « un recommencement », pour qu’il accepte d’y revenir.  Son parcours raconte finalement quelque chose d’assez rare dans les entreprises familiales : que celui qui s’en est le plus éloigné soit finalement celui qui reprenne. Chez Vincent Morin-Desevedavy, cette reprise a été un croisement inattendu entre le roman familial, la fragilité d’une maison ancienne et sa bascule personnelle.  Propos recueillis par Jaafar STEIBLEN-RAJI Quand on vous écoute aujourd’hui, on pourrait croire que tout cela était écrit d’avance. Pas du tout. Bien sûr, j’ai grandi avec cette maison. J’ai appris à marcher au milieu des pianos. Dans la famille, le piano, c’était une culture. À six ans, on entrait au conservatoire, on apprenait le solfège, on faisait du piano, c’était un passage obligé. Il y avait beaucoup de fierté autour de l’entreprise, parce qu’elle rayonnait déjà. Mais mes parents, eux, ne travaillaient pas dans le magasin. Donc il y avait une présence forte par l’aura, par le récit, mais pas dans mon quotidien. Et surtout, je me suis complètement désintéressé de cette entreprise pendant très longtemps. Je ne vais commencer à m’y intéresser qu’à 40 ans. Avant ça, très franchement, je ne voyais même pas cette boîte. Vous en gardez quel souvenir, enfant ? Quand on était enfants, avec mes cousins, mes frères et sœurs, c’était un terrain de jeu. On jouait du piano, on jouait à cache-cache dans le magasin. On sentait bien qu’il y avait là quelque chose de plus grand que nous, mais sans se dire que ça nous attendait.  Vous préférez écouter ? Nous avons capturé les mots de Vincent. Mettez vos écouteurs et retrouvez l’interview. Écoutez Le fondateur, votre grand-père, Jules, on sent qu’il est encore très présent. Qui était-il ? Une figure énorme. Et je crois qu’on ne comprend rien à cette entreprise si on ne s’intéresse pas à son histoire. Parce que cette maison naît d’abord d’un drame. Mon grand-père est un petit garçon issu d’une famille très modeste, près de Rennes. À huit ans, en allant chercher du bois, il se crève un œil. L’autre s’infecte. En deux ans, il perd complètement la vue. Pour un enfant de cette époque, dans un milieu paysan, c’est un bouleversement absolu. Il racontait lui-même avoir traversé des heures très sombres. Puis, il est placé à Nantes dans une école spécialisée pour enfants aveugles et malvoyants. On leur proposait plusieurs voies pour apprendre un métier. Lui choisit la musique. Il devient organiste, puis se passionne pour l’instrument lui-même et veut devenir accordeur. Il fait son apprentissage chez un petit marchand de pianos, lui-même aveugle, rue du Maréchal-Joffre. Et en 1942, en pleine guerre, il rachète cette boutique. C’est le début de la maison Desevedavy. Cette histoire, on vous l’a transmise tôt ? Très tôt. Ma grand-mère enregistrait tout sur cassette. J’ai encore des enregistrements de sa voix à lui, quand il racontait sa vie. Je me souviens surtout d’un Noël où il avait réuni tous ses petits-enfants pour nous raconter son histoire. On l’écoutait religieusement. Quand vous avez cinq, six, sept ans, que vous êtes assis en tailleur et que votre grand-père vous raconte comment il a traversé un drame pour construire sa vie, ça laisse des traces. Même si vous partez ailleurs après. Vous l’admirez sans donner le sentiment de l’idéaliser pour autant. Pourquoi ? Son grand défaut a été son incapacité à partager son entreprise. Il ne s’est jamais vraiment arrêté. Il est décédé en 2009, dans sa 91ème année, mais il habitait encore au-dessus du magasin et il en ouvrait les portes le matin, les refermait le soir. Son entreprise, c’était sa vie, une sorte de revanche sur le destin. Donc, à sa décharge, c’était extrêmement difficile pour lui d’envisager de passer la main. Mais dans les faits, il n’y a jamais eu de vrai plan de succession. Et c’est ce qui a rendu l’entreprise très fragile.   Votre première partie de carrière s’écrit à Paris, puis dans des fonctions de terrain et de négociation au sein des grands groupes internationaux. Vous étiez alors loin du récit familial ? Je tenais à me construire moi-même. Beaucoup de gens autour de moi visaient les sièges, les fonctions centrales. Je cherchais le terrain, la négociation, la vraie vie commerciale. On m’avait dit : si tu veux apprendre, va chez un leader, dans un environnement difficile. C’est ce que j’ai fait chez Schweppes. J’ai commencé en 1992, j’avais 23 ans, j’étais plein d’ambition et j’ai adoré ça. J’y suis resté presque quinze ans. Ensuite, j’ai rejoint Kraft Foods où j’ai continué à évoluer. Tout ça m’a énormément structuré. J’y ai appris le marketing, la gestion, le management, la conduite du changement, l’intégration d’équipes et de marques. Avec le recul, toute cette première vie m’a équipé pour la suite.  « A 91 ans, mon grand-père ouvrait encore les portes chaque matin » Nantes – Rue Joffre au numéro 57, la devanture du magasin en 1945 @Photo archives famille DESEVEDAVY Déjà, vous aimiez faire bouger les choses ? Le statu quo m’ennuie. J’ai toujours eu besoin d’apporter quelque chose en plus, de sortir un peu du cadre. J’en ai un souvenir très concret chez Schweppes : j’étais tout jeune chef de secteur, donc pas du tout au marketing, et j’ai écrit

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Comment choisir son prestataire CSE externalisé ?

Table des matières Comment choisir son prestataire CSE externalisé ? Face à une offre pléthorique, la plupart des dirigeants de TPE-PME ne savent pas par où commencer. Toutes les solutions se ressemblent en apparence, les promesses sont identiques, et pourtant les écarts de qualité sont considérables. Un mauvais choix a des conséquences concrètes : budget gaspillé sur une plateforme que personne n’utilise, salariés déçus, et risque de redressement URSSAF si la conformité n’est pas assurée. Dans cet article, vous trouverez les critères qui permettent vraiment de distinguer un bon prestataire d’un mauvais, les questions à poser avant de signer, et ce que propose WiiSmile concrètement. Pour comprendre d’abord les bases du dispositif, consultez le guide complet du CSE externalisé pour TPE-PME. Et si vous voulez explorer les avantages salariés disponibles en TPE-PME, ce guide complémentaire vous donnera une vue d’ensemble utile avant de comparer les offres. Ce que recouvre vraiment un « prestataire CSE externalisé » L’externalisation CSE est un marché composite. Deux réalités se cachent derrière le même terme, et la confusion est fréquente. D’un côté, il y a les plateformes d’avantages salariés : des outils digitaux qui donnent accès à un catalogue de réductions ou de chèques-cadeaux. L’entreprise s’abonne, les salariés reçoivent un accès, et c’est à peu près tout. De l’autre, il y a les prestataires d’accompagnement complet : ils prennent en charge le dispositif CSE externalisé de la mise en place à la communication interne, conformité réglementaire incluse. Pour une PME sans ressource RH dédiée, cette distinction change tout. Découvrez comment WiiSmile structure sa solution pour les dirigeants si vous souhaitez comparer les deux approches. Les 6 critères qui font vraiment la différence 1. La conformité URSSAF est-elle garantie ? C’est le critère le plus sous-estimé, et pourtant le plus risqué. Les avantages accordés dans le cadre d’un comité d’entreprise externalisé PME bénéficient d’une exonération de charges sociales, mais sous conditions strictes. L’URSSAF fixe des règles précises sur les prestations du CSE : les avantages ne doivent pas résulter d’une obligation légale, doivent améliorer la qualité de vie des salariés, et être attribués sans discrimination. Un arrêt de la Cour de cassation de 2024 interdit désormais tout critère d’ancienneté pour l’accès aux activités sociales et culturelles. Le délai de mise en conformité a été prolongé par l’URSSAF au 31 décembre 2026. Un prestataire sérieux met ses dispositifs à jour à chaque évolution et doit pouvoir vous fournir la documentation en cas de contrôle. C’est vous, l’employeur, qui êtes responsable des déclarations. 2. Quels avantages sont réellement inclus ? La question n’est pas « combien de partenaires avez-vous ? » mais « quels avantages vont être utilisés par mes salariés ? ». Vérifiez que l’offre couvre les catégories qui comptent vraiment : billetterie et loisirs, chèques-vacances, chèques-cadeaux, services à la personne, sport, team building. Explorez les formules WiiSmile pour avoir un exemple concret de ce qu’un catalogue complet peut couvrir. Un catalogue mal ciblé génère zéro engagement, quel que soit le tarif CSE externalisé affiché. 3. La plateforme est-elle réellement adoptée par les salariés ? Une plateforme complexe ou accessible uniquement sur ordinateur sera abandonnée en quelques semaines. Le taux d’adoption des avantages dépend presque entièrement de la facilité d’accès : interface claire, version mobile fonctionnelle, inscription simplifiée. Demandez à faire une démonstration du parcours salarié, pas seulement une présentation dirigeant. 4. Y a-t-il un accompagnement humain ? La plupart des TPE-PME n’ont pas de DRH. Un prestataire qui vous laisse vous débrouiller avec un portail et une FAQ n’est pas une solution, c’est une charge supplémentaire. Demandez qui sera votre interlocuteur après la signature : nom, disponibilité, mode de contact. Un interlocuteur dédié de proximité change tout pour la mise en place CSE externalisé et le suivi dans la durée. 5. La communication interne est-elle prise en charge ? Un avantage que vos équipes ne connaissent pas n’existe pas. Les meilleurs prestataires prennent en charge l’onboarding des salariés, les alertes sur les offres du moment et les communications saisonnières. Demandez comment et à quelle fréquence. Consultez les témoignages de dirigeants WiiSmile pour voir comment ces critères se traduisent en pratique. Les questions à poser avant de signer Ces questions testent la solidité d’une offre en rendez-vous commercial et révèlent souvent ce que les plaquettes ne disent pas. Pouvez-vous attester de votre conformité aux règles URSSAF sur les prestations CSE ? Quel est votre taux d’activation moyen de la plateforme chez vos clients PME ? Qui sera mon interlocuteur après la signature ? Les conditions contractuelles sont-elles transparentes ? Comment informez-vous mes salariés au lancement et dans la durée ? Votre offre inclut-elle les services à la personne et les chèques-vacances ? Comment gérez-vous les arrivées et départs de salariés sur votre plateforme ? Ces questions permettent de choisir votre CE externalisé avec méthode plutôt que sur des argumentaires commerciaux. Pour les questions réglementaires de base, la FAQ WiiSmile peut aussi vous être utile avant un rendez-vous. Ce que WiiSmile propose concrètement Chez WiiSmile, nous avons construit notre offre en partant d’un constat simple : les dirigeants de TPE-PME n’ont ni le temps ni les ressources pour gérer un CSE seuls. Notre rôle est de rendre ce service aussi simple que possible, tout en le rendant vraiment utile pour leurs équipes. Sur la conformité URSSAF, nous mettons nos dispositifs à jour à chaque évolution réglementaire. Sur le catalogue, nos plus de 110 000 salariés bénéficiaires accèdent aux catégories qui comptent vraiment : billetterie, chèques-vacances, chèques-cadeaux, services à la personne, team building. Sur l’accompagnement, chaque entreprise dispose d’un interlocuteur dédié de proximité qui gère la communication vers vos salariés et les questions du quotidien. Offrez plus de pouvoir d’achat à vos collaborateurs dès maintenant Découvrez comment Wiismile peut s’intégrer facilement à votre organisation et générer un impact concret. Parler à un expert WiiSmile Sans engagement – Conseils personnalisés FAQ : Les 10 questions les plus posées sur le CSE externalisé Qu’est-ce qu’un prestataire CSE externalisé ? C’est une entreprise qui gère pour votre compte les activités et avantages du Comité Social et Économique

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Signaux de démotivation des salariés dans une équipe de PME avant l'été

TPE-PME : 3 signaux clés de démotivation à repérer avant l’été

Avant l’été, certains signaux doivent alerter La démotivation des salariés n’apparaît généralement pas du jour au lendemain. À l’approche de l’été, les PME entrent dans une période particulièrement sensible. Ce n’est pas un simple « coup de fatigue avant les vacances ». C’est une période où des signaux silencieux émergent : des comportements qui, s’ils ne sont pas détectés rapidement, peuvent transformer une fatigue passagère en véritable désengagement. Cette fatigue n’est pas anodine. Elle impacte progressivement l’engagement, l’ambiance de travail et plus largement la qualité de vie au travail dans l’entreprise. Selon une étude OpinionWay publiée en 2025, 81 % des salariés déclarent ressentir de la fatigue mentale liée au travail. Dans une PME, cette fatigue ne se manifeste pas par des rapports formels. Elle se ressent dans l’ambiance quotidienne, dans les échanges entre collègues, dans l’énergie des réunions. Et c’est précisément parce qu’elle est discrète qu’elle peut s’installer sans qu’on la voit venir. Signal 1 : Le repli silencieux La démotivation n’explose pas brutalement. Elle commence par des changements subtils que beaucoup de dirigeants interprètent comme un simple « coup de mou » : Moins de propositions lors des réunions Une participation réduite au-delà du strict nécessaire L’absence de questions ou de remarques Une attitude qui semble distante, même si le travail reste formellement accompli Ces signaux sont faciles à manquer, surtout dans des périodes chargées. Pourtant, une baisse inhabituelle d’implication est souvent l’un des premiers indicateurs de fatigue ou de désengagement. Signal 2 : La surcharge invisible Avant l’été, les PME vivent une accélération typique : finaliser les dossiers en cours, atteindre les derniers objectifs trimestriels, anticiper les congés. Cette pression n’est pas anormale, mais elle crée une charge cumulative qui ne s’exprime pas toujours de façon évidente. Contrairement à une urgence claire, la surcharge pré-estivale se traduit par : Une irritabilité croissante (les tensions montent pour des raisons mineures) Une perte de concentration (les erreurs augmentent, la qualité baisse) Une fatigue disproportionnée au volume de travail réel Des tensions interpersonnelles inhabituelles Un sentiment de « devoir » sans véritable reconnaissance Ce n’est pas nécessairement un problème isolé. C’est l’accumulation de petits efforts non reconnus. Les collaborateurs aiment contribuer à un projet stimulant. Mais quand cette contribution s’additionne sans reconnaissance, sans pause, sans symbole de reconnaissance, elle devient du sacrifice invisible. Signal 3 : L’isolement paradoxal À l’approche des congés, beaucoup d’équipes entrent en mode « tête dans le guidon ». Le paradoxe : plus il y a d’urgence à terminer les projets, moins les équipes échangent et se soutiennent. Ce qui disparaît : Les pauses informelles (café, discussions qui ne parlent pas uniquement du travail) Les temps collectifs (réunions courtes, célébrations) L’humour et la légèreté L’entraide entre collègues (« Je t’aide avec ça ») Selon l’Observatoire n°3 WiiSmile (novembre 2025), 73,6 % des dirigeants citent la relation de confiance comme clé d’un climat positif. Or, cette confiance s’érode précisément quand les échanges diminuent. Si chacun reste enfermé dans son « couloir », le sentiment d’appartenance s’affaiblit. Les collaborateurs commencent à se demander : « Suis-je vraiment connecté à cette équipe ? Est-ce qu’on se soucie vraiment les uns des autres ? » L’erreur majeure : attendre septembre pour réagir Beaucoup de dirigeants pensent naturellement : “Les équipes sont fatiguées, les vacances vont faire du bien.” Et c’est souvent vrai. Mais certains signaux ne disparaissent pas simplement avec quelques semaines de repos. Lorsqu’un salarié est déjà en perte d’engagement, attendre plusieurs mois avant d’agir peut renforcer la distance avec l’entreprise, notamment lorsque la fatigue dure depuis longtemps, que les efforts semblent peu reconnus ou que le quotidien devient uniquement centré sur l’exécution. Avant l’été : 5 actions concrètes qui changent tout Voici ce qui fonctionne réellement dans les PME. Ce ne sont pas des révolutions, mais des gestes simples qui redonnent de l’énergie. Action 1 : Créer un moment de transition claire Une réunion courte, où vous : Célébrez les réussites du semestre avec des exemples précis Donnez de la visibilité sur les priorités du second semestre (3-4 priorités clés au retour) Donnez explicitement la permission de décompresser Pourquoi ça marche : Cette réunion crée une « fin de chapitre » claire. Elle dit au cerveau de chacun : « Vous avez accompli quelque chose, maintenant détendez-vous. » Action 2 : Valoriser les contributions invisibles Adressez personnellement à chaque collaborateur un message écrit mentionnant : Une contribution concrète qu’ils ont faite L’impact que ça a eu (sans exagérer, mais soyez spécifique) Que vous avez remarqué leur effort Pourquoi ça marche : La reconnaissance personnalisée réduit le sentiment « je fais du travail invisible ». C’est souvent ce qui manque le plus. Action 3 : Organiser un moment convivial non-professionnel Un verre, un déjeuner, une activité courte… Quelque chose qui recrée du collectif et de la légèreté. L’important : aucun ordre du jour professionnel. Pourquoi ça marche : Cette pause restaure le sentiment d’appartenance. Elle dit : « Nous ne sommes pas qu’une machine à accomplir des tâches. » Action 4 : Redistribuer intelligemment la charge Plutôt que de laisser chacun gérer seul sa surcharge : Identifiez ce qui doit être finalisé / ce qui peut attendre Distribuez les urgences plutôt que les laisser concentrées Autorisez explicitement à alléger certains sujets moins prioritaires Pourquoi ça marche : La surcharge n’est pas juste physique, elle est psychologique. Quand le dirigeant clarifie les priorités, le mental s’allège immédiatement. Action 5 : Relancer le dialogue informel Garantissez que chacun puisse avoir au moins un échange informel avec son responsable : Pas de points à traiter, pas d’ordre du jour « Comment ça va vraiment ? » plutôt que « Où en est le projet ? » Écoute vraie, pas interrogatoire Pourquoi ça marche : Le sentiment d’isolement se combat par de vraies connexions. Quand les échanges redeviennent humains, la dynamique collective se recrée. Cet article peut également vous intéresser : « Fidéliser ses collaborateurs : 7 leviers pour créer un vrai attachement des équipes à l’entreprise ». Conclusion : La reconnexion avant la déconnexion

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Le dirigeant fait son beurre

Éric de Sonis, un entrepreneur qui fait bien son beurre… mais pas tout seul

Avant de reprendre une entreprise, Éric de Sonis a choisi un lieu et une manière de vivre. À la tête d’une beurrerie artisanale bretonne (autrefois) en difficulté, il défend un modèle à contre-courant : produire moins, mieux, et surtout ensemble. Un entrepreneuriat du quotidien, fondé sur le collectif, l’ancrage local et la qualité des liens. Chez Éric de Sonis, l’entrepreneuriat ne s’est jamais résumé à une stratégie de croissance ou à un plan de carrière. Il commence ailleurs. Par un choix de vie. Avant même de savoir ce qu’il ferait, Éric savait où il voulait être : en Bretagne. Un choix familial, fait avec sa femme, pour offrir à leurs enfants un environnement de vie qui ait du sens, proche des siens, proche de la nature, proche des autres. Après huit années chez Decathlon à Bordeaux puis Saint Brieuc, il quitte un cadre sécurisant avec une envie claire : entreprendre, relever un défi, participer à la dynamique économique bretonne. Il tente d’abord la création d’entreprise. Le projet n’ira pas au bout, mais loin d’être un échec, cette étape lui permet de comprendre le territoire, de rencontrer des acteurs locaux, de poser les premières bases d’un réseau et, surtout, d’affiner ce qui l’anime profondément : l’envie de partager une certaine idée du management, plus humaine et plus collective. Une reprise comme projet de vie La rencontre avec la beurrerie artisanale fondée en 1986 est décisive. L’entreprise est en grande difficulté : quinze années de baisse d’activité, un dirigeant qui ne se rémunère plus depuis quatre ans, une dépendance forte à deux clients majeurs. Tout semble fragile. Mais Éric perçoit autre chose. Un savoir-faire rare. Une magnifique histoire locale. Et un modèle artisanal à taille humaine, encore capable de perdurer. Il reprend l’entreprise. Son intuition est simple, presque naïve, mais profondément structurante : ne pas jouer la course au volume, mais miser entièrement sur la valeur. La valeur du produit, du lien direct avec les éleveurs, et d’un cercle volontairement restreint pour rester efficace et atteindre l’équilibre économique. « Il fallait sans doute que j’arrive avec une forme de naïveté pour oser ce modèle-là. Et aujourd’hui, je suis heureux d’en parler avec le sourire. » Valoriser plutôt que produire plus Dans un secteur où les faibles marges appellent souvent des volumes massifs, Éric fait un pas de côté. Il choisit de défendre un beurre artisanal exigeant, fabriqué selon une technique rare de double barattage après maturation de la crème. Un travail lent, précis, artisanal au sens noble du terme, qui donne un beurre unique, biscottable, même à la sortie du réfrigérateur, à la saveur marquée. Ce choix technique est aussi un choix philosophique : prendre le temps, accepter de produire moins, mais mieux. Consolider d’abord la filière, le produit, les relations, avant de chercher à vendre. Pendant longtemps, Éric de Sonis consacre l’essentiel de son énergie à la production, aux process, à l’outil de travail, au recrutement. Le commerce et la communication viendront plus tard. Le collectif comme moteur Aujourd’hui, cette vision prend corps au quotidien dans l’atelier. L’équipe de la beurrerie, soudée et engagée, fabrique l’ensemble des produits à partir d’une crème majoritairement issue de la Laiterie des Voisins, dernière entité créée pour refermer la boucle et renforcer le lien avec les éleveurs locaux. Pensée comme une maison commune, la laiterie réunit six éleveurs partenaires, engagés dans un cahier des charges très herbagé, avec lesquels l’entreprise travaillait déjà depuis longtemps. Autour d’eux, un second collège rassemble les transformateurs, dont la beurrerie, qui anime la structure et valorise la crème. Un troisième collège complète l’ensemble : celui des utilisateurs du lait, deux PME locales — dont Marie Morin et la Crêperie Jarnoux — associées au projet et engagées à transformer l’intégralité du lait collecté, après ajustement de la matière grasse. La laiterie n’est pas un marché, mais un outil au service des métiers de chacun. Toute la matière collectée est achetée et vendue entre associés. Un lieu de coopération où l’on pense la filière dans son ensemble, en connaissant précisément l’issue de chaque matière première et les produits auxquels elle donnera naissance. Une manière très concrète de redonner du sens à la transformation, en reconnectant production, savoir-faire et territoire. Cet ancrage local fort fait partie des piliers d’Éric de Sonis. Non comme un discours, mais comme une pratique quotidienne. Produire ici, avec ceux d’ici, pour créer une valeur qui reste sur le territoire. Une cohérence assumée, qui nourrit autant l’entreprise que le collectif qui la fait vivre. Tenir dans la durée La création de la fromagerie s’inscrit dans cette même logique de cohérence et de valorisation. L’ouverture devait être une fête…en mars 2020. Une semaine plus tard, la crise sanitaire stoppe net l’élan. La fromagerie ferme avant même d’avoir réellement ouvert. Il faudra près de quatre ans pour atteindre l’équilibre économique. Éric tient, ajuste et attend. Aujourd’hui, la fromagerie est à l’équilibre, la beurrerie stabilisée, les équipes engagées. Des victoires discrètes, mais fondatrices, qui donnent du sens à l’effort collectif consenti. Une vision du management profondément humaine Au cœur de son projet, il y a une conviction forgée par l’expérience : une entreprise peut – et doit – être un projet de vie. Éric revendique un management fondé sur la reconnaissance, l’honnêteté et la bienveillance. Dans l’atelier, le travail se fait côte à côte. Les gestes sont manuels, les échanges constants. Impossible de s’ignorer. Cette proximité nourrit naturellement la relation, l’attention à l’autre, et donne au collectif une force rare. « Cultiver un état d’esprit bienveillant, ce n’est pas une posture. C’est une condition pour que les gens puissent grandir ensemble. » L’auberge, symbole d’un engagement plus large L’histoire de l’auberge du XVIᵉ siècle à Quintin prolonge naturellement cette vision. Face à un bâtiment menacé de ruine, Eric s’est engagé aux côtés de 60 co-propriétaire dans une initiative hors du commun : acheter en collectif et construire un projet pour sauver le patrimoine. Aujourd’hui président de l’association, il s’associe à une équipe dynamique pour faire revivre ce lieu chargé d’histoire. Au-delà

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Team building PME : resserrez les liens entre vos équipes

Team building : WiiSmile simplifie l’organisation et booste la cohésion d’équipe

Dans les petites et moyennes entreprises, chaque collaborateur compte. Pourtant, organiser un team building reste souvent complexe : manque de temps, budget limité, logistique chronophage… WiiSmile a intégré le team building directement dans sa solution d’avantages salariés pour permettre aux dirigeants de PME d’organiser facilement des moments de cohésion, sans surcharge administrative. Un service tout-en-un, assorti d’avantages exclusifs Grâce à un partenariat exclusif avec 4 experts de l’animation professionnelle, l’entreprise propose un service clé en main, allant des activités ludiques aux serious games, pour répondre à tous les enjeux d’équipe – motivation, apaisement des tensions ou célébration collective. Désormais, les clients de WiiSmile peuvent désormais accéder à trois formats d’événements conviviaux : team building, soirées d’entreprise et serious games. Pour garantir une proposition unique à ses clients, WiiSmile a conclu un contrat d’exclusivité avec des partenaires experts dans les offres de cohésion d’équipe présents sur toute la France. Une initiative stratégique qui interdit à tout concurrent de proposer des services similaires auprès des mêmes prestataires. Cohésion d’équipe, sensibilisation des collaborateurs, ou encore soirée d’entreprise. Un dirigeant qui souhaite remotiver son équipe après une période intense, peut  opter pour une activité de team building en extérieur type “Koh-Lanta d’entreprise”. Résultat : une journée de cohésion marquée par les rires, les défis sportifs et une belle énergie collective. Et si le besoin est d’apaiser les tensions entre services, mieux vaut choisir un “serious game” autour de la collaboration. Chaque service découvrira les contraintes de l’autre, dans un jeu immersif et scénarisé. Une prise de conscience salutaire qui apaise les relations internes. Afin de simplifier l’organisation des temps forts collectifs, les dirigeants clients peuvent désormais accéder à une présentation complète de l’offre directement depuis leur espace privé sur le site WiiSmile. Un catalogue dédié recense l’ensemble des formules disponibles, accompagnés de tarifs préférentiels. Simple comme un coup de fil Quel que soit le besoin, il y a forcément une offre qui correspond. Et pour simplifier encore plus la démarche, il suffit d’un simple échange téléphonique avec son conseiller pour préciser le besoin et planifier un rappel par l’une des sociétés organisatrices qui prennent en charge l’ensemble de l’organisation. WiiSmile reste en support si nécessaire, garantissant une expérience fluide et optimisée pour ses clients. Avec cette nouvelle offre, WiiSmile renforce son engagement à accompagner les dirigeants de PME dans la gestion et le développement de leur entreprise, en facilitant des temps forts essentiels à la cohésion et à la motivation des équipes. Le team building comme levier d’attractivité Dans un contexte de tension sur le recrutement, les avantages salariés ne se limitent plus aux dispositifs financiers. Les expériences collectives jouent un rôle croissant dans le choix d’un employeur. En intégrant le team building à son offre globale d’avantages salariés, WiiSmile ne se contente pas de faciliter l’organisation d’un événement : l’entreprise donne aux dirigeants de PME un véritable levier de management et d’attractivité. Parce que la cohésion ne s’improvise pas et que l’engagement ne se décrète pas, ces temps collectifs deviennent des outils concrets pour fédérer, motiver et fidéliser les équipes. Avec une organisation simplifiée, des partenaires experts et un accompagnement dédié, les dirigeants peuvent désormais créer des moments forts sans complexité ni charge mentale supplémentaire. La cohésion d’équipe n’est plus un luxe réservé aux grandes entreprises : elle devient un atout accessible, structuré et stratégique pour toutes les PME accompagnées par WiiSmile. Cet article peut également vous intéresser : Klaro et WiiSmile : un partenariat utile pour améliorer le bien-être des salariés de PME   Qui peut bénéficier de l’offre Team Building de WiiSmile ? L’offre est exclusivement réservée aux dirigeants de PME clients de WiiSmile. Elle a été conçue pour répondre à leurs besoins spécifiques en matière de cohésion d’équipe, de motivation ou d’animation d’événements internes. Quels types d’événements sont proposés ? Trois formats sont disponibles : des activités de team building (en intérieur ou en extérieur), des soirées d’entreprise conviviales et festives, et des serious games immersifs axés sur la collaboration, la communication ou la résolution de tensions. Comment organiser un événement avec WiiSmile ? C’est simple et rapide : tout commence par un échange téléphonique avec votre conseiller WiiSmile. Celui-ci transmet votre demande à l’un des partenaires organisateurs, qui prendra en charge l’événement de A à Z. Vous pouvez aussi consulter les formules et tarifs directement depuis votre espace privé. Quels sont les avantages par rapport à une organisation classique ? WiiSmile propose un service clé en main, avec des tarifs préférentiels, des prestataires de confiance présents partout en France, et une exclusivité de partenariat qui garantit une expérience unique, que vous ne retrouverez nulle part ailleurs.

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Et si demain, France Travail devenait « Territoire de Liberté » ?

Scénarios pour les TPE-PME de demain En 2035, la notion même d’emploi s’est métamorphosée. Après des décennies pendant lesquelles le chômage était perçu comme une défaillance individuelle, France Travail a connu une transformation radicale. L’institution a été renommée « Territoire de Liberté » pour marquer, dans son identité, l’évolution de son rôle tandis que le rapport au travail a profondément changé : l’institution a dû se réinventer, passant d’un organisme de contrôle et de placement, à un écosystème d’émancipation et de valorisation des contributions – individuelles et collectives – au service des territoires.   Cette transformation s’est amorcée au début des années 2030, lorsque les crises écologiques et économiques successives ont rendu obsolète – dans un climat de questionnement permanent du sens au travail – le modèle traditionnel d’emploi salarié à vie. Là où chaque individu devait s’adapter aux offres d’emploi disponibles, ce sont désormais les territoires qui cartographient leurs besoins et identifient les contributions nécessaires à leur développement. Chaque citoyen désormais inscrit sur la plateforme Territoire de Liberté se voit proposer non pas des « emplois » au sens traditionnel, mais des «contributions» correspondant à ses compétences et à ses aspirations professionnelles et personnelles.   Ces contributions peuvent prendre diverses formes : missions temporaires, projets collectifs, créations d’activités nouvelles, ou encore participations à des communs territoriaux. Le terme d’«actif» ou de «demandeur d’emploi» a ainsi disparu au profit de celui de «contributeur territorial», reconnu pour ce qu’il apporte à la communauté. Ce modèle n’est pas pour autant sans présenter un certain nombre de défis.  La transition a exigé un changement culturel profond, tant chez les individus habitués à la sécurité relative du salariat que chez les décideurs publics. En particulier, des tensions persistent entre les tenants d’une valorisation marchande du travail et ceux qui privilégient d’autres formes de reconnaissance sociale. La réaction de… Léopold Gilles, directeur délégué en charge du marketing des services et de l’engagement des usagers chez France Travail Que vous inspire cette vision de France Travail, devenu « Territoire de Liberté » ? Je suis tout à fait en phase avec la vision de lieux collectifs et collaboratifs dans les territoires. C’est vraiment vers cela que nous nous dirigeons avec France Travail, qui vise à accueillir et à accompagner de plus en plus de demandeurs d’emploi et d’entreprises en mettant nos forces en commun avec celles de nos agences partenaires. Nous avons déjà commencé depuis plusieurs années, avec Cap Emploi, à créer des lieux uniques d’accueil pour les personnes en situation de handicap, qui fonctionnent bien. En toute logique, dans une optique d’efficacité des politiques publiques et de simplification de la vie des citoyens, nous allons devoir tendre vers des lieux de plus en plus mutualisés avec nos partenaires et ouverts à tous. C’est une démarche que nous engageons d’ores et déjà avec la transformation progressive de nos agences en « carrefours de la réussite ». En revanche, je suis plus réservé sur l’évolution de la nature des emplois et missions qui pourraient être proposés à l’avenir : on pourrait penser que tous les jeunes veulent devenir des « slasheurs » ou des indépendants, mais la réalité est plus nuancée. Nous avons beaucoup échangé avec des chercheurs qui ont étudié les aspirations de la jeunesse, notamment après la période Covid, avec le télétravail et les questionnements sur le sens du travail. Leur conclusion, à la fois étonnante et très claire, est que les jeunes aspirent encore majoritairement à la stabilité et donc au CDI. Et ce, pour des raisons très simples : quand on est jeune, on aspire à s’installer, avoir un logement, se mettre en couple, fonder une famille. Même si les modèles évoluent, cela ne remet pas fondamentalement en cause le besoin de se projeter sur un logement stable et donc un revenu stable. Mais il faut aussi savoir composer avec la réalité du marché du travail, qui fait que l’on démarre parfois son parcours La réaction de… professionnel par un CDD ou des missions d’intérim avant de pouvoir accéder à un emploi stable. C’est au regard de ce principe de réalité que nous accompagnons les parcours vers l’emploi durable des personnes en recherche d’emploi, en s’appuyant sur des dispositifs de développement de compétences et de sécurisation financière portés y compris par nos partenaires : l’Unédic, les collectivités locales, les OPCO et de nombreuses associations, pour n’en citer que quelques-uns. Le scénario propose aussi de faire évoluer la notion même de travail : qu’en pensez-vous ? Il faut à mon sens élargir la notion de « travail » afin de valoriser toutes les formes d’activité, sans se limiter à celles qui sont salariées ou génératrices de revenu. Pour aller dans ce sens, je crois beaucoup à un système sur le modèle de la carte vitale, qui permettrait à tous les actifs d’accéder à des services tout au long de leur vie professionnelle, et pas uniquement quand ils sont au chômage : on n’a pas besoin d’être malade pour avoir la carte vitale ! Si on veut simplifier la vie des gens, accélérer les transitions professionnelles et lever le stigmate entre «insiders» et «outsiders», cela aurait du sens, je trouve. Car c’est bien la mission de France Travail d’accompagner toutes les transitions professionnelles : trouver son premier job, se relancer après un « coup dur », monter son entreprise, se reconvertir… Nous devons être un tremplin pour tous ! Nous avons cependant encore matière à progresser, y compris sur notre mission première qui est de proposer de façon ciblée et personnalisée des offres d’emploi adaptées aux compétences et aspirations des chercheurs d’emploi, et des candidats qui correspondent aux besoins des entreprises. C’est tout le sens de la démarche marketing que nous mettons actuellement en place, en nous appuyant sur le digital et la data pour cibler les propositions au bon moment, dans une logique d’«hyperpersonnalisation de masse». Le terme d’«actif» ou de «demandeur d’emploi» a disparu au profit de celui de «contributeur territorial», reconnu pour ce qu’il apporte à la communauté. Ce qu’en pense…

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